Vie à Paris / Vie à New York : le parcours du Jeune Créateur de Mode

Publié le par 001212

Continuons notre comparatif Paris/New York City et imaginons que je sois une jeune (future) créatrice de mode ou « fashion designer »…

Paris se définit comme « Capitale de la Création » et New York s’autoproclame « Capitale de la mode ». Voici donc du grain à moudre…

Pour devenir une jeune créatrice pleine d’avenir, il me faudrait, dans ce milieu extrêmement snob, envisager d’étudier dans l’une des principales écoles privées de la ville (seul moyen de se faire un réseau et d’avoir un CV un peu engageant).

A Paris, disons que j’opterais pour le Studio Berçot, Esmod ou l'Ecole de la Chambre syndicale de la Couture Parisienne.

A New York, il me faudrait me tourner soit vers la fameuse Parsons School, soit vers le Art Institute of New York City.

Dans tous les cas cependant, en plus de la passion chevillée au corps, il faudrait que je me mette rapidement à la recherche de généreux mécènes éblouis par mon talent embryonnaire !

Jugez plutôt :

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Résultat, mes cocos, sauf si le dollar venait à remonter énormément, toutes considérations éducatives mises à part, il me semble que je ferais mieux de me diriger vers la Grosse Pomme, don’t you think ?! N’oublions pas cependant que toutes ces écoles, si elles demandent un baccalauréat ou l’équivalent, sélectionnent leurs futurs élèves avant tout sur dossier et entretien… Pas sûr donc que le coût de la scolarité soit le seul critère à prendre en compte…

 

Cependant, admettons que je choisisse d’aller étudier outre atlantique et que je devienne une grande et jeune et talentueuse fashion designer pleine d’énergie et d’espoir à l’américaine. Me viendra alors immédiatement l’envie de « monter ma Maison, ma griffe, ma ligne, ma collection Capsule » ! Oui mais là, vous me direz, « love is money »… Certes. 

Mais ne nous désespérons pas : les deux « capitales » de la création ont chacune des arguments, toutes deux conscientes que la mode est une industrie juteuse en termes d’emplois, de loyers,  d’impôts et autres taxes…

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Donc je suis une jeune créatrice prometteuse et les deux villes de mon cœur sont bien décidées à m’aider, conscientes que je représente une pépite économique… !

Que font elles pour moi ?

Justement, Michaël Bloomberg, le maire de New York, a dévoilé le 2 novembre dernier un certain nombre de mesures destinées  à faciliter la vie économique des jeunes pousses de la mode new yorkaise.

Dans le dispositif est entre autres prévu ce qui existe déjà à Paris dans le cadre des Ateliers de Paris,

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un « incubateur », locaux mis à la disposition de créateurs émergents sélectionnés à des loyers très modestes (exemple à Paris: 7€/m2/mois pendant 6 mois puis 12€ les 6 mois suivants). La aussi, la sélection se fait sur dossiers et entretiens.

L’incubateur prévoit aussi (et surtout), à Paris comme à New York, toute une batterie de conseils et d’accompagnement des jeunes créateurs par des ainés et des professionnels chevronnés, tant dans le domaine de la production que du marketing ou du commercial..

A New York, toujours dans les mesures annoncées par Michael Bloomberg, 30 « étoiles montantes » de la mode seront particulièrement choisies lors du « Fashion campus New York », sorte de séminaire où jeunes et professionnels pourront se rencontrer pendant une semaine. Les « étoiles » sélectionnées seront accompagnées de manière très étroite pour assurer le développement de leur business.

Espérons que je sois à classer dans les « étoiles montantes » !!

Pour connaître l’ensemble du projet, n’hésitez pas à aller consulter le site du développement économique de New York à cette adresse

A Paris, la Fédération de la Couture qui gère notamment le calendrier des défilés permet aussi à des membres « invités » de présenter leur collection et de bénéficier ainsi de la lumière générée par la Fashion Week et la présence des journalistes. Mais il s’agit dans ce cas de créateurs déjà bien implantés.

En conclusion, il me semble que les deux villes ont parfaitement conscience du potentiel économique et d’image représenté par l’industrie de la mode et entourent, de manière assez conséquente, un nombre (très limité, certes), de créateurs en devenir avec des moyens loin d’être négligeables.

Alors, que choisir ?

Par expérience, je dirais que Paris est la ville qui légitime, qui apporte la reconnaissance. Et que New York est la ville de l’énergie et de l’envie.

A chacun de choisir son carburant…

Good luck !

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