Ma Maman à New York

Publié le par 001212-diary.over-blog.com

Cela faisait plusieurs années que je proposais à ma Maman de m’accompagner à New York. Toute jeune retraitée, je voulais lui faire découvrir la ville que j’aime.

Elle a hésité longtemps, je ne proposais plus.

Et puis, l’année dernière, un jour comme ça, au téléphone, je lui demande « tu viendrais à New York avec moi cet été ? ». Et, là, surprise, elle ne dit pas non.

J’ai l’habitude qu’on me dise souvent non.

Alors, là, je prends l’absence de « non » comme un quasi « oui ».

L’idée fait son petit bout de chemin et, hop, le « oui » tombe ! Je crois qu’elle était elle même toute surprise d’avoir fini par dire oui.

Aussitôt, le projet se met en branle : je réserve les billets d’avion, je me mets en quête d’un appartement.

Je veux que ma Maman ait une vraie « expérience new yorkaise », je choisis donc un quartier vraiment « couleur locale » (le Financial District, sur Broadway, à deux pas de Ground Zero) et je déniche un loft de 220m2 qui fait aussi showroom d’une agence de designers.

Maman, de son côté, s’occupe de faire faire son passeport.

Tout est lancé, Maman part en vacances avec ses petits enfants. Quand elle revient (Bijoux 001 212 venait d’ailleurs de naître), elle apprend qu’il manque des éléments dans son dossier, que personne n’a cherché à la joindre sur son portable et que le passeport, pour la date dite, n’est pas du tout garanti… Mais on promet de le lui traiter en « extrême urgence ». Vive l’administration !

Pendant 15 jours nous vivons dans le stress de se dire que le passeport n’arrivera pas à temps… 3 jours avant le départ, toujours pas de passeport. Nous savons que l’affaire est bien compromise. Maman est très déçue, moi encore plus.

Et puis, la VEILLE du départ (oui, oui !), ça y est, le passeport est prêt, à midi !

Maman prépare sa valise, monte dans un train pour me rejoindre à Paris et nous partons le lendemain !

L’aventure commence.

Nous sommes heureuses, surexcitées. Maman, de vivre une sacrée aventure, moi de lui faire partager tout cela. Et puis d’être toutes les deux.

Tout se passe très bien, nous arrivons à l’aéroport de Newark, un taxi nous fait traverser le New Jersey (que je ne connais pas) pour nous emmener à Manhattan, Maman aperçoit l’Ile par le sud, exactement comme les premiers immigrants !

J’ai hâte qu’elle découvre les premiers buildings de près.

Nous arrivons à notre adresse, 183 Broadway. L’appartement avec l’ascenseur qui le dessert directement, comme dans les films. Je suis contente, mon effet est réussi !

Nous sommes vendredi en fin de journée. Malgré la fatigue du voyage et le décalage horaire, Maman veut tout de suite aller se promener dans le quartier.

Dans le Financial District, la journée de travail est terminée, il fait beau et chaud, les Yuppies sont aux quelques terrasses, pour le Happy Hour. Maman est d’abord frappée par ce qui frappe toujours quand on arrive là bas : la hauteur des buildings. Elle se casse la nuque à regarder en haut. Petit à petit, je la sens un peu « oppressée ». Elle me dit « ça grouille de monde » (Maman ne vit pas en ville) et aussi « il y a beaucoup beaucoup de bruit »… Je m’inquiète. Me dis qu’à force de vouloir faire partager ses passions, on oblige les autres à aimer des choses qui ne leur ressemblent pas… Je m’en veux.

J’ai peur que Maman n’apprécie pas son séjour.

J’avais tort !

Ma Maman a tout aimé ! Ellis Island, Washington Square, le Rockfeller Center, Harlem, Midtown, le Bryant Park, Times Square, Battery Park. Elle a même mangé les énormes sandwiches confectionnés dans les Deli’s ! Elle a marché pendant des heures (là, je n’étais pas inquiète, c’est une grande sportive), elle n’a pas râlé contre la chaleur alors que je sais qu’elle ne la supporte pas très bien (et qu’il fait très chaud et très humide, l’été, à New York). De jour en jour elle était plus enthousiaste. Elle a moins aimé East Village, surtout quand je lui ai dit que j’avais plusieurs fois logé dans ce quartier ! Elle a eu très chaud sur le pont de Brooklyn, elle a fait des centaines de photos.

Je crois qu’elle s’est bien amusée.

Et moi j’étais tellement contente qu’elle aime aussi cet endroit.

Un jour, cependant, j’ai eu peur. J’avais une course à faire qui s’est avérée plus longue que prévu. Maman devait m’attendre au Bryant Park. Quand je suis enfin revenue, pas de Maman. Je fais trois fois le tour du parc, aucune trace de Maman ! J’attends sur les marches pendant une heure, rien. Je m’angoisse : « j’ai perdu Maman dans Manhattan !! ».

Je me raisonne : « Maman est plus forte que toi puisque c’est ta mère, elle va bien se débrouiller, c’est pas toi qui vas lui apprendre la vie, puisque c’est ELLE, justement qui te l’a donnée ». N’empêche. Maman parle anglais mais pas complètement couramment, elle a de l’argent sur elle mais son portable ne passe pas, elle n’a pas les clefs de l’appartement. Je me dis qu’elle a voulu aller faire aussi une course et qu’elle s’est perdue dans Midtown, même si avec les rues perpendiculaires et parallèles et la numérotation, on ne peut pas se perdre dans Midtown.

Finalement, je me dis que Maman a dû retourner à l’appartement, même s’il est assez loin du Bryant Park.

Je décide donc d’y retourner, moi aussi…

Quel soulagement quand je vois ma Petite Maman, adossée à une cabine téléphonique, devant notre appartement !! Je la sers dans mes bras ! J’ai failli perdre ma Maman dans Manhattan ! Elle est fatiguée, m’en veut un peu de mon retard mais ça va. Elle m’explique son périple : elle a décidé, effectivement, de retourner à l’appartement, elle a pris le métro, avec deux changements (le métro new yorkais est sincèrement assez compliqué), deux personnes l’ont très gentiment aidée, lui prenant son billet, descendant même de la rame pour lui expliquer les correspondances, tout contents d’aider une Française…

Je suis fière de ma Maman.

Malheureusement, le lendemain est déjà notre dernier jour. Il y eut encore un épisode (lié encore une fois au passeport !) que je ne relaterai pas car ce fut le seul point de discorde de nos vacances et Maman en a été blessée… Sachez juste que j’ai failli devoir laisser ma Maman à New York !

Je crois qu’elle aurait été partante ! Car, passée la première impression désagréable liée au bruit (qu’elle a fini par identifier : il s’agissait du bruit causé en permanence par les énormes turbines des climatisations présentes sur le toit de la plupart des immeubles), je crois qu’elle n’avait qu’une envie : revenir à New York !

Bonne Fête ma Maman chérie !

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Publié dans New York

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