Les Sportifs des banlieues douces

Publié le par 001212

Je collectionne les couvertures illustrées du Saturday Evening Post, principalement celles des années 50 et 60.  Visions « normanrockwelliennes » de vies paisibles mais néanmoins affairées de banlieues proprettes.

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J’ai retrouvé cette impression ce matin, à la faveur d’une marche dans ma banlieue proprette à moi, lorsque j’ai croisé les «sportifs du samedi matin »… Forçats de la passion ou bons élèves du « manger/bouger.fr » ?

 

Partout, des joggeurs, jeunes, vieux, hommes, femmes, soufflant ou aériens, la foulée lourde ou le corps surentraîné. Tant de diversité… S’entraînent ils pour une course en particulier ? Ont ils un objectif ? Font ils de la course à pied comme moi de la marche pour tenter de respirer, d’évacuer les soucis et les tensions envahissantes ? Ils courent, ils transpirent, on est samedi matin, ils sont libres.

 

Ici des petits gamins hauts comme trois pommes rassemblés autour de ballons de foot, encadrés par des éducateurs qu’on imagine dévoués et emplis d’abnégation, couvés par des parents accoudés aux balustrades de ce stade nickel à l’abri sur son île des Hauts de Seine.

 

Là des tennismen, jeunes ou moins jeunes. En simple, en double, défiant les maladies cardio vasculaires. Là un petit garçon, raquette à la main qui explique à son père qu’il n’a pas bien réussi son cours. Et le papa, fier, responsable et pédagogue, qui répond qu’on ne lui demande pas de tout réussir tout le temps.

Chaque fois, quand je croise des parents avec leurs enfants dans le rue, je suis frappée par la ressemblance entre les pères et les fils, entre les mères et les filles : reproductions miniatures. Logique, me direz vous. Qui rêve de ressembler à l’autre ? La petite fille à sa mère avec ses talons et son vernis à ongles ? Le papa à son petit garçon pour qui son match de tennis est la chose la plus importante du monde ?

 

Parenthèse privilégiée de gens que l’on dit privilégiés.

Et si, pour une fois, on n’enviait pas la douceur de vivre des autres et qu’on essayait de se construire la sienne ?

 

 

Publié dans Paris

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