Balade au Marché Saint-Pierre

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Balade au Marché Saint Pierre

Vous prenez le métro et descendez à

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Vous traversez la rue et êtes immédiatement noyé au milieu des touristes venus visiter Montmartre et le Sacré Cœur. Vous montez la rue Briquet ou la rue Seveste (18ème arrondissement), avec leurs pavés, véritables pièges pour les talons aiguilles. Vous arrivez devant le Carrousel, les marches du Sacré Cœur, majestueuses, devant vous.

Vous êtes au Marché Saint Pierre.

Le petit quartier situé dans ce qu’on appelle le « Village d’Orsel », autour de la petite place Saint-Pierre, et se perdant dans les quelques petites rues alentours.

Vous êtes au Paradis du tissu. Grandes enseignes,

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Le traditionnel « Déballage du Marché Saint Pierre », qui, comme il est précisé sur la façade, « n’a pas de succursale » !!, vieille Maison sur 5 étages dont les locaux, comme ceux de "Reine" vaudraient des fortunes si elle était mise en vente. Le rez de chaussée avec ses froufrous à paillettes, ses boas de quatre sous, l’escalier central et l’escalier de côté, aux portes bleues qui couinent, aux marches de bois qui craquent tellement que l’on a l’impression qu’on va s’y enfoncer. Chez Dreyfus (autre nom du « Déballage »), reconnaissable à son sac bleu,

Il faut fouiller. Dénicher, au milieu des rouleaux, le tissu qui fera votre bonheur. La fausse fourrure imitation girafe avec des taches de toutes les tailles, le velours décliné dans toutes les couleurs, les dentelles, les doublures « le bemberg ( !!) » que, petite fille, on prenait pour de la soie parce que ça brillait.

Chez Dreyfus, il faut avoir de l’imagination. Savoir donner vie au tissu peu mis en valeur, au milieu des autres, sur les grandes tables de coupe en bois lourd.

Quand on a fait son choix, il faut harponner un vendeur, dont on a l’impression qu’ils sont là depuis mille ans. Toujours affables mais toujours à se raconter des potins sur « unetelle ou untel  qui a dit ça, fait ça - ah mais moi faut pas me chercher ! », ces hommes souvent homosexuels, aux chaines, bracelets, pince à cravate, qui manient les ciseaux et le mètre en bois avec grâce et dextérité. La machine à carte bleue est devenue à touches depuis quelques années. Elle a longtemps été le sabot antédiluvien, même bien après l’apparition d’internet !

Le plus « luxueux » « Tissus Reine »,

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Avec ses petits mannequins désuets,

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(la photo est un peu floue car je l'ai prise "à l'arrache", sans autorisation...) drapés des différents tissus à même les rouleaux. Ca me rappelle les petites poupées que j’habillais, ado, assise par terre dans ma chambre, avec les morceaux de tissus soyeux et chatoyants que m’offrait ma grand mère, et que je faisais tenir avec de multiples épingles, rêvant au temps lointain et merveilleux où j’irais « à Paris »…

Au rez de chaussée de « chez Reine », il y a ce carrelage typique des années 30 ou 50 ( ? il faudrait que des spécialistes me confirment la période !!), sorte de mosaïque de carreaux cassés, revêtement bon marché très largement utilisé à cette époque. Il y avait aussi ce sol chez mes grands parents. Il y a ce sol dans ma cuisine. C’est d’ailleurs pour le sol de cette cuisine que j’ai acheté l’appartement où je vis.

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« Chez Reine », c’est plus chic. Les tissus sont mieux rangés, le choix plus haut de gamme, les prix plus élevés, sans doute. Les Liberty, les dentelles, le rayon mariées, le beau rayon ameublement. Moins « dans le décor », les vendeurs sont là aussi, quand on sait les prendre, très aimables et disponibles. Pour peu qu’on ait réussi à s’en attacher un !

Si vous cherchez un coupon ou un tissu « non suivi, madame », un lycra fluo, des accessoires pour les costumes, des merceries, vous pouvez vous enfoncer dans les rues annexes et trouver les petites échoppes,

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Qui vendent à qui mieux mieux des kilomètres de tissus, dont la composition n’est pas forcément des plus remarquables ! Mais si vous voulez de la paillette et du « qui brille », si vous voulez de la couleur, du volant, de la robe de princesse, alors votre bonheur est là :

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Au « Marché Saint Pierre », enclave entre les touristes accrochés à leur appareil photo et les boutiques « foire-fouille » du boulevard Rochechouart, on rencontre toutes sortes de gens. Dames venant se chercher un « coupon » pour se confectionner une petite jupe, mère et  fille venues chercher le tissu pour les rideaux de la chambre de l’enfant à venir, étudiants stylistes pleins d’espoir qui essaient de dégoter le taffetas « à pas trop cher », professionnels s’approvisionnant pour leur nouvelle collection.

Si vous venez à Paris visiter Montmartre, allez un peu au delà et découvrez ce monde légèrement hors du temps, vous ne serez pas déçus…

 

Publié dans Paris

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